textes


Cet après-midi,
sirotant ma moque de caoua frais,
je ne sais pas ce qui me prend, l'envie de
vibrer par quelque forte émotion culturelle,
j'allume le téléviseur à l'heure des
"questions au gouvernement" : le RSA ...

Dans le coin inférieur droite  de mon vieil écran,
je vois une épaule qui bouge avec
une main, au bout, qui s'anime :
une interprétation des propos tenus
à destination des malentendants !

Mais, à l'heure de la HD et du 16/9,
ou je ne sais quoi d'autre,
les vieux écrans n'ont pas droit à
l'entièreté des images technologiques modernes.

Les malentendants qui n'ont pas les moyens de
se payer de ces téloches modernes,
ne savent pas quelles questions
sont posées au gouvernement, ni
quelles réponses le gouvernement propose !!

Youpi !
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Lors de mes derniers congés, j'étais dans la région de Narbonne...


A près avoir passé le plus gros de nos journées
a bouquiner,
roupiller,
miroiser et
boire du caoua frais,
le cul dans le fauteuil,
d'une superbe vue plongeante sur
le vieux caillou de Gruissan,
il nous prenait (ma blonde et moué)
d'aller zoner dans les plus proches parages.


Ce soir-là nous avions pris le carrosse
pour sillonner l'ancien étang du Cercle.


Un endroit strictement calme où
la circulation automobile n'est réservée
qu'aux riverains....


Voyant venir dans le rétro central
un rapide véhicule probablement indigène,
je me sers, du mieux que je peux
et le plus rapidement possible,
sur un embranchement avec
un chemin de terre, histoire de
ne pas se faire s'entrechoquer
des rythmes différents.


Le bolide passe en nous remerciant.


Je coupe le moteur de notre engin
pour mieux écouter le soleil se coucher,
quand mon regard en coin soupçonne
une présence avienne...


Une fauconne crécerelle se vautre
énergiquement dans une flaque de poussière,
pendant de longues secondes, puis se relève
et court vers une autre proche flaque
dans l'ornière.


Faisant de la sorte
sur plusieurs dizaines de mètres,
nous sommes restés ainsi rivés
sur son comportement de jouisseuse.


L'animale savait toujours
redresser la tête régulièrement
pour faire gaffe à elle et ses ailes.


Puis au bout de cinq à six minutes
elle a su mettre un terme
à cette toilette sèche
et s'en aller vers un arbuste,
remettre pareil plumage en place...

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"Le temps qu'il reste ..."
ce jour-là, sur le quai de Loire, venait
du nord-est, avec cette fausse fraîcheur des
derniers jours du dernier été, quand la peau
redemande de sentir courir entre ces crins ce qui
est notre élément de chaque instant,
encore plus que le clic droit ou
les dépêches afp et
"le temps qu'il reste"
allait bientôt commencer
.


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[...]
    L'automne ! Le parc compte ses arbres bien distincts. Celui-ci est roux traditionnellement ; cet autre, fermant le chemin, est une bouillie d'épines. Le rouge-gorge est arrivé, le gentil luthier des campagnes. Les gouttes de son chant s'égrènent sur le carreau de la fenêtre. Dans l'herbe de la pelouse grelottent de magiques assassinats d'insectes. Ecoute, mais n'entends pas.
[...]
 
René Char,
in "la parole en archipel"
nrf
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Je suis assis sur la montagne et je regarde dans la vallée des devoirs. Celle-ci est aride, il n'y a pas d'eau, la vallée est sans fleurs, sans arbres. Beaucoup de gens y marchent en désordre. La plupart sont affreux, étiolés et ils regardent le sol sans cesse. Quelques-uns lèvent les yeux de temps en temps et ils crient alors. Au bout d'un certain temps ils meurent tous, pourtant je ne vois pas leur nombre diminuer; la vallée a toujours l'air pareil. Est-ce qu-ils sont dignes de mieux?

Je m'étire et je lève mes yeux le long de mes bras au ciel bleu.
Je me tiens dans la vallée sur une cour de mâchefer, près d'une petite pile de planches, de gravats et une lessiveuse en état defectueux.
Et je regarde et je me vois, au-dessus, et je hurle comme un chien dans la nuit.
 


Nescio,
novembre 1922
traduction du néerlandais de Anneke de Vries
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Ces quais de Bruges, combien, dans ma pensive jeunesse, je les ai suivis, confessés, aimés; avec des coins que j'étais seul à connaître, à consoler, avec des maisons dont les vitres mortes me regardaient !
Et, dans la prison des quais de pierre, l'eau stagnante des canaux où ne passent plus de navires, ni de barques, où rien ne se reflète que l'immobilité des pignons dont les arches décalquées ont l'air d'escaliers de crêpe qui conduisent jusqu'au fond. Et sur les eaux inanimées, des balcons en surplomb, des rampes de bois, des grilles de jardins incultes, des portes mystérieuses, toute une enfilade de choses confuses et déjetées qui sont accroupies au bord de l'eau, avec des airs de mendier, sous des haillons de feuillage et de lierre qui s'effilochent...
 


G.Rodenbach

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Dans la journée, l'oriental ami Y. m'envoie le courriel suivant :

 
<<<        Je me souviens d'avoir marché à Dresde, à Bangkok, à Ispahan et à Tananarive, à Gubbio, Weimar, Valparaiso et Genève. Je me souviens d'avoir beaucoup marché à Pragues, Athènes, Copenhague, à Montréal, Vienne et Grenade, à Tunis et à Barcelone, mais aussi à Bombay, Dakar et La Havane. Je me souviens d'avoir marché longtemps à Londres, à Bruxelles, Venise, Montevideo, Pékin, Rome et Lisbonne. Je me souviens d'avoir marché éperdument, des jours entiers, à Brest, Hanoï, Santiago du Chili, Asuncion, Buenos Aires et Chicago, au point je crois de pouvoir, aujourd'hui encore, y retrouver mon chemin, et puis Paris, des centaines de fois, des milliers d'heures.
        Je me souviens de ce bonheur paisible et consolant, mains dans les poches, libre et anonyme dans la foule, rêvant à mes amours et à mes livres, dans la gourmandise des trottoirs rincés à l'eau vive, au déboulé des rues et des boulevards, par les squares, les jardins, au hasard des librairies, des grands magasins que je traversais de part en part, des ponts, des gares routières et ferroviaires, sous la pluie, dans la neige, le vent, au grand soleil qui tricotait ses damiers sous le cristal bleu du ciel, dans une déambulation somnambule et éveillée, le plus souvent en une diagonale glissée, sans objectif précis, parfois en de multiples retours et détours, circonvolutions que motivaient le début d'une palissade, un hangar, un attroupement, une ligne de tramway, le bord de mer ou la rive d'un fleuve, avec une prédilection pour l'hiver et le crépuscule, n'ayant ni le pas pressé des salariés, ni celui plus court des retraités, mais celui confiant du marcheur, attentif au chapitrage des quartiers, aux blocs d'immeubles formant des paragraphes, aux pages blanches des places et des squares, texte même de la ville dont la mémoire stimulait la mienne, l'éclairait, la nourrissait, ville familière, étrangère et recommencée, ville passagère pour furtif passager... >>>
 




Jean-Luc COATALEM, La Consolation des voyages, Livre de Poche, 2004
 
 
        J'ai relu quelques pages, suis tombée sur celle-ci, je me suis dit : c'est pour un autre Jean-Luc !
bonne après-midi
 
 
 
 après quelque repos, je lui réponds ceci :

[...]
Très émotionnante cette intention épistolaire et le passage de ce bouquin me paraît très alléchant !!
 
La première fois que j'ai quitté notre république à six pans, mon premier voyage intercontinental, je suis allé au plus loin à Duluth, Minnesota, EUA, au plus profond des Grands Lacs nord-américains. Je savais bien que le Robert Zimmerman avait craché par terre et sur les trottoirs de ce bled et je me suis lancé pedibus à la découverte de la nuit urbaine.
 
Nous étions de ces premiers bateaux profitant du dégel du fleuve, des écluses et des Grands Lacs ; comme s'il ne pouvait rien nous arriver, du haut de mes seize piges, je me suis égaré dans le labyrinthe portuaire en tentant de rejoindre mon "MV Ondine".

Une patrouille de police m'a cueilli dans son carrosse bariolé, avec souples crissements de pneus sur de légers graviers, encore mieux que dans "In the heat of the night" avec Sydney Poitier et Rod Steiger.
Evidemment un de ces pigs avait des origines francaouies et lointaines. Nous avons ri, beaucoup parlé, bu un peu et fumé cette herbe qui rend nigaud et qui a fait ces lueurs d'orient déchirer la nuit.

Je n'aime pas ces guides qui veulent tout te dire de où tu es, où tu vas, où tu devrais aller ...
Mais j'ai gardé le goût de la flânerie, les mains dans les fouilles, le pif dans les réverbères et la nécessité de n'avoir peur de rien. Malgré que, j'ai toujours un sévère attachement immense à ce petit environnement dunaire de ma jeunesse heureuse, la ville, la cambrousse, les gens qui les constituent sont toujours une grande jouissance ; un truc qui ne connaît pas les frontières !
Portez-vous bien, là-bas !
 
amitié
 
jean-luc saint-marc
[...]
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A regarder les films documentaires tournés à partir d’un hélicoptère, tu te rends compte que les besoins ne sont pas les mêmes, selon les projets, les moyens ou les plaisirs que l’on veut te faire passer, ô consommateur.

Quand un projet veut illustrer un sujet archéologique, géologique, sur la lutte contre l’incendie de nature ou un de ces superbes jeux, c’est du brut de décoffrage : tu entends les pales qui tournent et fouettent l’air pour te faire redresser l’échine devant tant de forces spectaculaires.

Un autre projet ayant pour but de t’expliquer la vie naturelle, aura le-bon-goût d’utiliser un hélicoptère silencieux, te permettant sans faillir d’entendre l’envol des flamants roses ou des pygargues nippons, voire écouter la nage d’une harde de cervidés traversant un étang brennou. Certains ont même des héliradios  te permettant d’écouter les violons et la contrebasse de France-Musique ou de lire le cédé adapté aux circonstances.

Mais pourquoi les pompelards et les équipes de terrain ne font pas comme les marchands de rêve ?

La forêt de Fontainebleau en feu sous une musique de Hugues Aufray, non ?

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L'amour de mes parents, celui qui était le leur,
m'a toujours était d'une force confortable ;
elle était la fille des îles : Saint-Trojan-les-bains,
lui le gars de la ville : Bordeaux.


Quand on revenait de l'estuaire,
en arrivant à sa belle, pour lui faire briller
encore plus les yeux, il sortait de ses fouilles
de superbes coquillages remontés des bancs de sable.


Quand on pêchait la crevette, il mettait de côté les bouquets,
petites crevettes transparentes, roses et délicates de goût.


Quand on ramenait les céteaux,
c'était les soles qu'il lui réservait.

Elle lui faisait
du riz au cari,
des potages à la viet,
du vanneau à la cocotte,
des pignasses au persil,
des piballes poêlées,
tous les mets qui rendent l'homme fort
amoureux ...

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Dans le port de Royan, il y avait le Jean-Jacques et le Port-Bloc,
deux bateaux ronds pour ramener les sables et les graviers
pêchés au large de l'estuaire, sur les bancs de Cordouan,
ou sur la Dordogne, selon les commandes.

Quand mon vieux m'emmenait, on rejoignait le port à pinces
de la place du marché, avec le casse-dalle en bandoulière.

C'était un jeu savant avec les horaires de marée, les bascules.

Il fallait arriver à marée descendante
pour qu'elle nous échoue sur un banc ...

Le temps de casser la croûte, une p'tite sieste
et commençait la pêche du bon sable ocre
dégueulant toute son aise du gargantua.
Le ballant du mât de charge,
la dextérité du matelot
et le flot qui revient,
la coque qui se soulève,
le pont recouvert
le retour au port
le déchargement dans la trémie
et pour finir la journée
rafraîchir les corps
le plongeon dans le port
les plongeons dans le port,
le réconfort.
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kézaco

  • : Cão, nom d'un chien
  • tonregard
  • : 19/01/2006
  • : imagés mots - images & mots - effeuillez-moi, ceci est un livre...

tiroirs

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