amoursdebrodequins
Glisser mes mains au fond des grolles de marche de mon bout dorée est un autre plaisir, mais secrètement exquis celui-ci.
Une main bien installée dans le chausson de cuir, pour que l'autre puisse délacer ce fil rouge des crampons et des oeillets, communique le
désir au reste de mon corps alors que mes narines captent la plus légère effluve de la marcheuse.
La main droite épouse la niche du pied droit, puis la main gauche épousera celle du pied gauche.
Le bout agité de ma langue réclame le droit d'extraire la plus petite trace de salinité sur les coutures norvégiennes, mais je reprends mes
sens et rince abondamment, sous l'eau fraîche, les plis et les replis du cuir et de la semelle.
Séchage en douceur pendant une bonne nuit.
Les chaussures susurrent que leur totale toilette n'est pas encore faite.
Les porter du sol à la table en les inspectant, les reniflant évidemment et ne plus les lâcher de l’oeil un seul instant.
Glisser à nouveau une main dans l'idoine tatane et de l'autre étaler longuement et profondément l'incolore cire sur le cuir rassuré.
Puis dans l'autre tatane introduire la menotte idoine pour un cirage adéquat avec le même désir ardent.
Laisser reposer l'escarpin et l'amoureux avant l'orgastique éclat du brodequin reluisant, beau comme:
ses seins blonds
ses yeux pers à se noyer dedans
son axillaire fragrance émoustillante
.
avril
98
les pieds de mon bout dorée sont une merveille
à chacune de ses grandes jambes.
mes lèvres y glissent aspirées par la courbe
de leur voûte
lisse,
douce,
belle
de son odeur chaude,
blonde et nacrée
comme les ongles soignés,
de ses orteils
succulents de pulpe,
tels des sucettes désir,
aussi longs que l'excitation qu'ils créent est vive.
les arrondis de ses talons, des joyaux de courbes,
des galbes
flattés par ce tendon solidement fin
laissant filer ses gambettes
qui font se tourner les têtes.
les pieds de mon bout doré ont un cou,
qui ferait me tordre le mien,
à tenter d'en écrire des souchonnades
pour ses chevilles dansantes
comme son écriture-vaguelettes.
tout est bon chez elle
jour rime avec nuit
balance avec justice
girouette avec grâce
mots avec gentils
pieds avec amour
.
février
1998

Putain de bouquet !
Je déteste les bouquets,
les fleurs coupées et
toutes ces compositions végétales.
Et voilà-t-y pas que ma blonde,
un soir, rentre les bras chargés
de l'horrible chose en image
ci-dessus...
et me dit en souriant :
"tiens,
si tu pouvais le prendre en photo,
tu serais gentil!"
:-]
Je viens de rencontrer cette vieille dame au chef chenu
fatiguée mais alerte et polie, minée par des soucis de santé, qui
voulait me faire savoir qu'elle t'avait rencontrée rue lazare carnot
et que ta beauté resplendissante l'avait éblouie.
« Mais qu'est-ce qu'elle est belle »
me rassura-t-elle en me tenant le poignet.
«Vous savez,
lui dis-je,
quand je lui fait part de mon éblouissement,
elle éclate de rire ! »
.
août 99

dans le burlingue de ma blonde
parmi moult pistes sensuelles
le masque lagunaire
...

amourdévêtus'habille
quand l'amour se déshabille
ses seins se libérent du soutif
son valseur danse sans élastique
ses aisselles et son mont de vénus
embaument la niche, enivrent l'amant
ses orteils s'écarquillent et réclament chaleur
quand l'amour s'habille
insatisfait, change le haut
puis, le bas ne lui plaît pas
et trouve l'effet qui va lui aller
sourit, virevoltant dans le miroir
les cils se colorent délicatement
les paupières s'ombrent, les yeux
brillent, s'illuminent, scintillent, rient
du bon plaisir qui pointe...
décembre 98
qu'en dis-tu ?