De retour de Scotland, où les deux dernières semaines du mois d'août nous ont délivré de ces profondeurs de champ valorisant merveilleusement les vastes espaces du nord et la palette
des nuances de vert du sud. Les forces aériennes royales y patrouillent comme en territoire occupé et sous le signe de l'arrogance, mais le peuple écossais sait accueillir
chaleureusement les voyageurs débarquant d'Europe francophone. Nombre de fermes et chemins pédestres sont isolés pour cause de Foot & Mouth Disease (fièvre aphteuse), en
particulier lors de la deuxième semaine dans le Dumfries et Galloway (sud-ouest du pays), où la fameuse Southern Upland Way (sentier de rando reliant la mer du Nord à la mer
d'Irlande) est quasi-interdite !
La terre des Scots semble se prêter formidablement bien à la miroise; alors sortant mon calepin de la poche arrière de mes culottes courtes, je te livre sans autre délai, quelques
moments délicieux:
- des dizaines de harles bièvres dans le Dornoch Firth et les deux seules tadornes de mon excursion.
- un autre jour, 21 août, deux martinets noirs rament, dans le même estuaire, mais contre le vent de sud et en passant entre les gouttes !
- partout sur les lochs marins et les firths, de nombreux goélands cendrés.
- dans les tourbières, entre Strath of Kildonan, Strath of Halladale et Strathnaver, faucon pèlerin et busard saint-Martin chassent sans cesse.
- sur le loch a' Chroisg, les cris surprenants du plongeon à gorge rouille, nous offrent du bon temps, comme leurs congénères du loch Ewe.
- A Audale Bay, à marée haute, plusieurs centaines de canards siffleurs et un chevalier guignette !
- le grèbe castagneux-et-ricanant de Threave castle...
- sur les bords du loch Trool, au pied de la pierre de Robert Bruce, des dizaines de tarins, de roitelets huppés et de mésanges noires.
- au phare de Corsewall, des centaines de fous de Bassan passent sous nos jumelles, des dizaines de guillemots de Troïl pêchent, des dizaines de linottes stationnent dans les
caillasses.
- dans la rade de Stranraer, des bandes d'eiders à duvets se reposent, et quelques guillemots à miroir plongent !
- aux alentours de Portpatrick, le faucon émerillon dans sa technique de chasse caractéristique précède notre automobile.
- le phare de Mull of Galloway, lance son faisceau dans la bruyère en fleurs.
- dans la vallée du plomb, nous observons trois lagopèdes indigènes, à dix mètres... Plus loin, nous piqueniquerons en écoutons leurs discours particuliers !
- à Wood of Cree, crépuscule du soir; en attendant l'apparition de la loutre, un vol en file indienne de sept geais des chênes qui assurent la permanence.
- et j'allais omettre la beauté noire, véritable coup-de-coeur: la corneille mantelée !
Scotland est une bonne terre, et m'a rappelé un auteur lusitain qui disait:
"De ma langue, on voit la mer.".
3 septembre 01

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